Terence Parkin : « Je souhaite m’impliquer dans le mouvement »

Sourds de naissance, Terence Parkin a marqué l’histoire des Jeux Olympiques en 2000 en décrochant l’argent sur le 200m brasse. Engagé à Sofia sur les épreuves de cyclisme, il souhaite à 33 ans s’investir dans le mouvement des Deaflympics.

Crédit photo : Arnaud DaviréArnaud Daviré : Vous avez été un grand champion. Qu’est-ce qui vous motive aujourd’hui pour participer aux Deaflympics ?

Terence Parkin : J’aime la communauté sourde, rencontrer des athlètes sourds. J’ai assisté et participé à plusieurs compétitions de la communauté sourde. J’aime tout ce qui touche à la compétition des sourds, et j’aimerais d’ailleurs qu’on évite les critiques qui entoure ces compétitions et qu’on se concentre plus sur le sport sourds en lui-même. Et puis j’aime le sport, tout simplement. C’est ce qui me donne la force d’avancer.

AD : Pourquoi avoir choisi le cyclisme pour ces Deaflympics ?

TP : Pour moi c’est plus intéressant, il y a plus de challenge. Le parcours en VTT, ici à Sofia, était très difficile et c’est ce qui me motive. J’aime les challenges, j’ai choisi le vélo pour cette raison.

AD : Vous avez chuté sur l’épreuve de VTT. Comment allez-vous ?

TP : J’ai glissé dans le dernier virage. J’ai quand même terminé la course. Quand j’ai vu mes blessures, je me suis évanouie. Mon coude est déboité, j’ai des points de suture.

AD : Vous êtes trois athlètes handicapés, Sud-Africains, à avoir participé aux Jeux Olympiques (ndlr : Oscar Pistorius, Nathalie Dutoit et Terence Parkin), comment expliquez-vous ce phénomène pour un seul pays ?

TP : Je ne peux pas l’expliquer. On est peut-être plus forts que d’autres ?

AD : Une grande partie des médias, l’année dernière, a présenté Oscar Pistorius comme étant le premier athlète handicapé à participer aux Jeux Olympiques. Comment avez-vous vécu cela ?

TP : J’ai vu tout l’engouement médiatique. Mais ce qui s’est passé dernièrement concernant Oscar a vraiment cassé quelque chose. Je suis désolé, la question est intéressante, mais je ne souhaite pas m’exprimer là-dessus.

AD : La polémique sur la participation des athlètes double amputés aux compétitions valides est relancée avec le Brésilien Alan Oliveira. Pensez-vous que ces athlètes peuvent légitiment concourir avec les valides ?

TP : Je n’ai pas d’avis sur la question. Si cet athlète souhaite concourir avec les valides, c’est son choix.

AD : Avez-vous l’intention de vous impliquer dans le mouvement des Deaflympics ?

TP : Oui, mais je vais prendre mon temps. J’ai déjà la casquette d’entraîneur. Mais c’est quelque chose qui me tient à cœur.

AD : Quel rôle souhaitez-vous avoir ?

TP : Les sourds ont besoin d’entraîneurs. Ma priorité ça va être de me concentrer sur cette question. Il faut élever le niveau, montrer aux athlètes sourds qu’ils sont capables. C’est la voie dans laquelle je souhaite m’impliquer.

Propos recueillis le 04 août 2013 à Sofia

Interprétation Langue des Signes : Diane Baleva


Le 08/08/2013, Arnaud Daviré
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