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Oscar Pistorius courre toujours après son rêve

Quadruple champion paralympique, le Sud Africain, Oscar Pistorius est devenu en l’espace de quelques années une véritable icône sportive. Un livre retrace aujourd’hui son parcours. A l’occasion de sa sortie, Sport et Handicaps est allé à la rencontre de celui que l’on surnomme désormais Blade Runner.

Crédit photo : FFH / D.EchelardSport et Handicaps : Vous avez débuté votre carrière internationale à Athènes, en 2004. Personne ne vous connaissait. Comment avez-vous vécu cette première expérience ?

Oscar Pistorius : C’était étrange pour moi. J’avais jusqu’alors pratiqué beaucoup de sports collectifs. L’ambiance y est totalement différente. J’étais un peu décalé par rapport à l’évènement. Avec le recul c’était un avantage, puisque j’avais moins de pression.

SH : Vous parlez de la demi-finale du 200m d’Athènes dans votre livre. Et notamment de Dominique André qui se trouvait dans le couloir extérieur au votre. Ce sprinter a 20 ans de plus que vous, et à l’époque une quinzaine d’années d’entraînement de plus que vous. Comment auriez-vous réagi à sa place en voyant un athlète inconnu venir tout rafler au Jeux Paralympiques ?

OP : J’étais très impressionné de me retrouver entouré d’athlètes du calibre de Dominique André ou de Marlon Shirley. Dominique est un grand Monsieur du sprint. C’est un athlète très loyal, un pionnier dans notre catégorie. Vous savez il a aussi su tirer partie de son expérience.

SH : Vous expliquez dans votre livre que vous êtes arrivé à l’athlétisme par hasard. Vous dites également avoir toujours évité ce sport parce qu’il ne vous attirez pas et que d’autre part vous ne vouliez pas participer à des compétitions réservées aux sportifs handicapés. Quel aurait été votre choix si vous vous étiez intéressé à ces compétitions plus tôt.

OP : J’aime beaucoup la natation. Je pense que ça aurait été mon choix. L’haltérophilie aussi m’attire beaucoup, mais la natation aurait surement eu ma préférence.

SH : Comment percevez-vous la médiatisation des sports paralympiques aujourd’hui ?

OP : Ça a beaucoup évolué. Longtemps les journalistes se bornaient à nous poser des questions sur notre handicap, notre histoire. Aujourd’hui, les questions sont de plus en plus orientées sur nos performances. En Afrique du Sud, au retour de Pékin j’ai senti un vrai engouement pour les performances que nous réalisons.

SH : Comprenez-vous que certains spécialistes puissent avoir des doutes sur vos performances ?

OP : Au début, quand j’ai commencé à courir, oui. Mais aujourd’hui nous avons prouvé que je ne bénéficie d’aucun avantage par rapport à un athlète valide. De plus le TAS a statué sur le sujet. Il n’y a donc plus de raison de remettre en cause mes performances.

SH : Aujourd’hui, les épreuves dédiées aux seuls doubles amputés n’existent plus. Vous courrez avec les athlètes amputés unilatéral. Pensez-vous que les progrès technologiques vont amener de plus en plus de double amputé à courir au point de favoriser la réouverture des épreuves dédiées à cette catégorie ?

OP : La technologie n’a en fait pas beaucoup évolué depuis 14 ans. Je ne pense pas qu’une augmentation du nombre de coureur double amputé favorise la mise en place d’épreuves dédiées. Ce n’est d’ailleurs pas la tendance de l’IPC. Par contre, je pense que ça pourra favoriser la mise en place de tours supplémentaires dans les grandes compétitions. Aujourd’hui nous courront souvent en deux tours (1/2 finale, finale). Je pense que nous pourrions voir apparaitre des séries sur les épreuves pour les coureurs amputés en grande compétition.

SH : Vous avez couru à Manchester il y a dix jours. Vos chronos ont été modestes. Quand pensez-vous arriver au top cette saison ?

OP : Les conditions à Manchester n’étaient pas optimum. Il y avait beaucoup de vent. Les chronos réalisés ne reflètent pas mon état de forme du moment. Je suis bien, mais je pense vraiment courir très vite d’ici deux mois.

SH : Sur quelle distance ?

OP : Le 400m bien sûr !

SH : Un chrono ?

OP : je pense être capable de courir en moins de 46’’.

Propos recueillis le 02 juin 2010.


Le 04/06/2010, Arnaud Daviré
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